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"Communauté"

Salut a tous.

Je viens vers vous avec une question simple.
Depuis quelques temps, enfin ça a probablement toujours été le cas, mais je le remarque plus en ce moment où on est beaucoup dans la négativé et la prise de tête (je sais que ce poste ne va pas changer la tendance hein!), il y a comme un leitmotiv de reproches fait à la "communauté gay/lgbt&Co" d'hypocrisie, d'égoïsme, de ceci et ça et que sais-je encore...

Chaque fois que je lis ce mot "communauté" je me pose la question de savoir mais qui est finalement désigné par le terme? Les gays? Les lgbt? Chacun d'entre eux/nous? Moi?
Quand je lis par exemple que la "communauté" prône la tolérance etc, mais où ça? Quand? Qui exactement? Moi je ne vois que des individus s'exprimer en leur nom propre, ou au nom de leurs propres combats identitaires (les trans, les pvvih, les gays "racisés", etc etc.)

Que représente pour vous le terme de "communauté ". Vous considerez-vous comme en faisant partie? Tout le temps? Occasionnellement sur des thématiques qui vous touchent personnellement? Pas du tout?

En ce qui me concerne, faisant moi-même partie de plusieurs "communautés", je suis d'avis que chacune vise d'abords et avant-tout ses propres intérêts, quitte à effectivement paraître hypocrite ou contradictoire en ne voyant pas que ce qu'elle demande des autres, elle ne l'applique pas elle-même.
Et je suppose que c'est humain, la communauté étant elle-même composée d'individus ayant des besoins et problématiques propres, qui s'unissent ponctuellement sur des combats communs, sans que çà ne necessite une adhésion totale a l'ensemble des revendications de la majorité.

Concrètement et pour illustrer je suis de fait membre de la communauté gay, plus largement lgbtqia+, dont je partage les valeurs communes sur les principaux combats, tout en conservant la liberté de m'interroger sur certaines thématiques (j'en ai une en tête mais je préfère ne pas la citer pour ne pas focaliser la discussion dessus), voir de me désolidariser de valeurs ou paroles qui vont à l'encontre de ma pensée propre, en ce sens j'ai du mal à comprendre que l'on reproche à la "communauté" des choses, comme si le fait d'en faire partie imposait l'adhésion totale et l'application à/de toutes ses valeurs publiquement affichées.

Désolé pour le long post, je suis assez curieux de lire la diversité des avis sur la question !

Dernière réponse le 29 août
4 23

Photo de Simplepompeur
194 km • Sans sodo
a publié ce sujet
cricri42
68 •
On ne comprends pas grand chose dans votre charabia mais vous avez tout à fait le droit d'avoir vos idées
photo 1
40 •
"j'ai" pourtant très bien compris son "charabia".
61 •
Moi aussi et je comprends bien ce qu'il veut dire
45 •
@cricri42 je ne suis ni philosophe ni écrivain, et nul en synthèse, donc oui c'est peut-être confus, je fais au mieux que je peux, désolé si vous ne comprenez pas mon propos.... 🙄
ensemblecmieux
53 •
Nous on ne fait pas partie de la communauté, ok est gay en couple depuis plus de 20 ans on s pose pas ces questions la
75 •
👍
2XCOOL
40 •
Salut...je n'estime pas faire partie de la communauté gay et toutes ces variantes qui ne sont pour moi qu'une façon de categoriser et de mettre une étiquette 🏷 de plus aux personnes. Si je devais choisir ma communauté, ça serait celle des personnes bienveillantes, qui prônent le partage, l'amour sans distinction d'origines et de niveau social. Je n'aime pas les clivages et les étiquettes arbitraires. Ces sites sur lesquels nous cherchons l'impossible sont un ersatz de ce que j'appellerai une communauté. Je n'ai pas choisi d'aimer les hommes et les femmes et n'ai pas non plus à choisir une quelconque caste. Je vais et je viens là où je me sens bien et que mon être ne fait pas l'objet de fantasmes en tous genres parce que je suis noir, plutôt charmant, sensuel et bien pourvu.
53 •
Merci j me sentais seul
75 •
👍
senasura
43 •
Pour moi le mot « communauté » est juste un terme d'heteros utilisé pour désigner les « non hétéros ». L'ensemble lgbtqi+ est tellement disparate que je ne vois ce qui rassemble cette communauté à part le rejet par la norme cis-hetero
Tierz_BZH
52 •
Le mot « communauté » est un raccourci pratique, mais il désigne rarement une entité homogène. Dans le cas de la « communauté LGBT+ », il faut plutôt l'entendre comme :
• Une construction sociale et politique : on parle de « communauté » pour donner de la visibilité et de la force collective à des minorités qui, séparément, seraient moins audibles. C'est un outil de mobilisation plus qu'une réalité uniforme.
• Un espace d'identification : chacun peut s'y reconnaître de façon partielle ou variable, en fonction de son vécu (orientation, identité, santé, origine, etc.). L'appartenance n'est donc ni totale ni permanente : elle se vit à géométrie variable.
• Une mosaïque d'expériences : la « communauté » est faite d'individus et de sous-groupes parfois en accord, parfois en tension. Les contradictions ou reproches qui apparaissent sont justement le reflet de cette diversité, pas un signe d'hypocrisie collective.
52 •
👉 En somme, il n'y a pas « une » communauté homogène qui imposerait une ligne unique, mais une pluralité d'individus et de groupes qui se rejoignent sur certains combats communs (lutte contre les discriminations, droits fondamentaux, reconnaissance), tout en restant libres de leurs propres positions sur d'autres sujets.
Tierz_BZH
52 •
Voici un résumé concis de l'historique de la construction de la « communauté LGBT+ » :
• Avant les années 1960 : les personnes homosexuelles et trans vivent surtout dans l'invisibilité ou des réseaux informels (bars, cercles privés). Il n'existe pas encore de « communauté » organisée, mais plutôt des espaces de survie et de solidarité.
• 1969 – Émeutes de Stonewall (New York) : moment fondateur. Des personnes LGBT (en particulier drag queens, personnes trans et racisées) résistent aux violences policières. Ces révoltes déclenchent la naissance d'un mouvement collectif et politique.
• Années 1970 : émergence des premières organisations militantes homosexuelles, féministes lesbiennes et mouvements trans. La notion de « communauté » se construit comme un outil de lutte et d'affirmation publique.
52 •
• Années 1980-90 : la crise du VIH/sida renforce le sentiment de communauté. Face à l'inaction ou l'hostilité des pouvoirs publics, des associations (ACT UP, AIDES, etc.) s'organisent et créent une solidarité active. Cela consolide l'image d'un groupe uni autour d'un combat vital.
• Années 2000-2010 : élargissement progressif de la bannière « LGBT » vers « LGBTQIA+ », pour inclure une diversité d'identités et d'expériences (queer, intersexes, asexuel·les, etc.). La communauté devient de plus en plus une coalition de minorités.
• Aujourd'hui : la « communauté » n'est pas une entité homogène mais une construction politique et symbolique, permettant de donner du poids aux revendications collectives (égalité des droits, lutte contre les discriminations), tout en abritant une pluralité de vécus parfois divergents.
Tierz_BZH
52 •
Considère comme une pathologie il y a pas si longtemps, alors soyez au moins fier de ce que l'on appelle « communauté » et son évolution.
Parfois il faut regarder le passé pour comprendre qui l'on est.
45 •
@Tierz_BZH le cours magistral était un peu long, mais très bienvenu, exposant clairement, méthodiquement ce que j'essayais maladroitement de formuler... je n'ai pas pensé à demander l'aide de chatgpt. Merci d'avoir pris le temps d'intervenir.

Au fond ce que j'essayais de comprendre, car c'est quelque chose qui m'agace régulièrement dans les commentaires, c'est le pourquoi de ce recours systématique aux reproches (dénotant donc des attentes) faits à la communauté en préambule de coups de gueule sur les comportements des uns et des autres ou sur la culture du "milieu gay".

Ce que je constate, même si l'échantillon statistique est trop faible pour être représentatif, c'est que finalement beaucoup d'entre nous ne se sentent pas partie prenante de cette fameuse communauté, du moins pas dans le sens de se sentir redevable ou de devoir endosser les valeurs de base qu'elle prône (tolérance, inclusivité, etc etc) et que ces attentes sont donc injustifiées ou irréalistes.
Aucalme61
40 •
Je ne me considère pas du tout faire partie de cette dite "communauté", car c'est une case dans laquelle on rajoute des cases. Néanmoins je soutiens certaines de leurs actions qui me semblent être juste et dans l'intérêt de la majorité, afin de faire évoluer les choses.
Par ailleurs je ne cautionne absolument pas le parti pris politique, de défendre des pays en guerre homophobes et encore moins les gens se proclamant "non-binaires".
Je suis assez ouvert, j'aime m'ouvrir davantage mais pour moi "la communauté" s'arrête à LGBTQ.
Je pense qu'arriver à un moment les délires desservent plutôt la cause, que l'inverse.
45 •
@Aucalme61 je ne suis pas forcement d'accord avec la question des "cases" (qui me semblent factuelles?) comme fin en soi, mais je comprends que tu poses les limites au-delà desquelles tu ne te sens plus membre de, ou représenté par la communauté.
Je pense qu'il peut y avoir plusieurs grilles de lecture dans les exemples spécifiques que tu mentionnes comme la défense des palestiniens alors qu'on sait l'homophobie qui règne dans le monde musulman, à mon sens c'est plus une question d'humanisme de façon générale et d'application de valeurs absolues (on pourrait parler d'idéologie vs pragmatisme) ; ou comme les questions de genre que tu mentionnes, qui je pense sont difficiles à appréhender quand on a pas ce vécu... en tout cas c'est à ça que je faisais référence en évoquant la notion d'équilibre, en termes de combats politiques, comme dans une négociation, ne faut-il pas surenchérir et aller "trop loin" pour esperer obtenir/atteindre ses objectifs réels ?
Merci pour ta contribution.
40 •
Merci pour ton retour. Après je ne prétend pas détenir toutes les clés mais je pense que les soutiens des pays en guerre, devraient se faire par tous les citoyens et non par la communauté, comme tu le dis il est plus question de moralité ou de valeurs personnelles ou la communauté se perd sur ces sujets. Pour les genres j'arrive à peu près à me mettre à leurs places, dans la mesure où ils se sentent mieux dans celle "choisie", mais je ne comprends pas celle qui change en fonction de l'humeur ou du temps qu'il fait dehors.
Unir les forces, je suis complètement pour mais pas avec n'importe qui car cela engendre encore la stigmatisation.
tactil40slim
55 •
On peut se considérer comme différents de la majorité hétéro, conformiste et peu tolérante. Dans ce cas, on appartient à un groupe par exclusion. Mais dans les faits, ce "groupe" se révèle hétérogène et aussi intolérant.
45 •
C'est un peu ma façon de voir les choses, il y a aussi de l'intolerance et du conformisme dans cette communauté, qui reproduit parfois les standards de la norme hétérosexuelle ; ainsi la communauté n'est que le plus petit dénominateur commun, ou comme tu dis justement une adhésion par exclusion... ce qui donne cette impression, voir réalité d'être contradictoire ou d'hypocrisie.
Les personnes militantes/investies voient probablement ca différemment, j'ai parfois du mal à voir où je m'inscris moi-même dans cette histoire. Merci pour ta contribution à ma réflexion.
Tits
59 •
J aime bien notre communauté que ce site. Nous y discutons de plein de sujets autour des gays avec des vues très différentes alors que ca ne m arrive que très rarement dans la vraie vie
45 •
Merci pour ce point de vue auquel je n'avais pas pensé, il est vrai qu'il y a aussi cet aspect plus positif de la "communauté" comme l'espace de liberté et d'échange avec des personnes qui peuvent, en principe, plus facilement se comprendre autour de leurs intérêts communs ; ou en tout cas échanger sans devoir s'auto-censurer ou craindre de s'exposer à des violences verbales ou physiques, tout le monde n'a pas cette possibilité dans son environnement réel...