Masc4Masc – Préférence ou rejet déguisé ?
Le terme masc4masc pullule sur les applis, comme une étiquette fièrement affichée. Mais derrière cette soi-disant “préférence”, se cache souvent une exclusion bien plus sournoise : celle de tout ce qui ne correspond pas à une virilité codifiée, rigide, validée par l'hétéro-normativité. Ce n'est pas juste une attirance, c'est un rejet. Un rejet de la folle, du maniéré, du sensible. Et ce rejet, il vient de l'intérieur de notre propre communauté. C'est l'homophobie intériorisée qui s'habille en goût personnel.
Pourquoi cette obsession de se dire “discret”, “viril”, “normal” ? Comme si être gay devait s'accompagner d'un certificat de masculinité pour être accepté, désiré, validé. Ce culte du “mec” efface ceux qui ne rentrent pas dans le moule, ceux qui osent être flamboyants, tendres, expressifs. Et pourtant, ce sont eux qui ont souvent porté nos luttes, nos fiertés, nos visibilités. Refuser l'efféminé, c'est refuser une partie de notre histoire.
Ce post n'est pas une attaque, mais une invitation à réfléchir. Chacun a le droit à ses préférences, bien sûr. Mais quand ces préférences deviennent des murs, des filtres, des exclusions systématiques, il faut se demander ce qu'elles disent de nous. Je demande à chacun ici de respecter la liberté d'expression : débattons, confrontons nos idées, mais sans insultes. Ce sujet dérange, et c'est précisément pour ça qu'il faut en parler.
