Impossible de trouver le sommeil
Il était un peu plus de 22h quand j'ai poussé la porte du Basic Fit de Plérin. J'avais déjà fait une séance à Dieppe le matin mais je n'étais pas prêt à dormir, j'avais besoin de me dépenser encore un peu. La salle était presque vide, silencieuse, il devait rester une dizaine de mecs.
C'est alors que je l'ai remarqué. Un jeune d'une vingtaine d'années, peau mate, un corps sculpté par l'entraînement et un visage d'une beauté troublante. Un Rebeu au charme magnétique. Ses yeux se sont posés sur moi plus d'une fois, avec ce mélange de curiosité et de sourire timide.
Peu à peu, il s'est rapproché, choisissant les machines à côté des miennes. Après quelques échanges de regards, il a fini par briser la glace :
— Tu es du coin ? Tu viens souvent ici ? J'ai l'impression de t'avoir déjà vu…
J'ai esquissé un sourire en répondant que non, impossible. Je n'avais jamais mis le pied dans cette salle.
Mais il a insisté, un éclat dans le regard :
— Alors je t'ai lu.
Mon coeur a bondi.
— Lu ? ai-je répété.
— Oui… tes histoires. Le shampooing oublié… et celle avec le triskel. C'est bien toi ?
Ses yeux ont glissé discrètement vers mon cou, où brillait le pendentif. Ce détail m'avait trahi une fois de plus ou la distance sur notre site de rencontre. Je me suis senti à la fois surpris, amusé et excité par ce lien inattendu.
Il a ajouté, avec un clin d'oeil complice :
— D'ailleurs, ça tombe bien… j'ai oublié mon shampooing et je voudrais vérifier si tout ce que tu écris n'est pas mytho..
Nous avons éclaté de rire, et cette connivence immédiate m'a mis en confiance. J'ai alors murmuré :
— Bah oui c'est moi. Mais vu l'heure, ce soir, je pensais prendre ma douche dans ma chambre d'hôtel, juste à côté.
— Tu m'invites ? a-t-il demandé, presque avec malice, mais déjà sûr de sa réponse.
Je n'ai pas hésité : OK.
Nous avons arrêté nos exercices, repris nos sacs aux vestiaires. Lui a sauté sur sa trottinette électrique et m'a suivi à travers les rues presque désertes.
Le hall de l'hôtel était désert, mais bon je m'en fous un peu. Il m'emboîtait le pas dans les escaliers se permettant de me mettre une petite claque sur le cul entre deux marches.
Une fois la porte de ma chambre refermée, un silence plus dense s'est installé. Il s'est avancé, un peu intimidé, mais ses yeux brillaient d'envie. J'ai posé mon sac, il a fait de même. Nous nous sommes retrouvés face à face, si proches qu'un simple pas nous a rapprochés jusqu'à ce que nos lèvres se frôlent.
Le premier baiser a été doux, presque prudent, puis de plus en plus assuré. Ses mains ont glissé sur mes épaules, puis le long de mon dos. J'ai défait la fermeture de son sweat, découvrant peu à peu la chaleur de sa peau tendue et ferme. Une odeur de musc se dégageait.
Lui, à son tour, a caressé mon torse en glissant ses doigts sous mon tee-shirt.
Nous nous sommes déshabillés lentement, comme pour savourer chaque instant, chaque découverte. Son corps nu s'est offert à ma vue, puissant, harmonieux, et son désir déjà bien visible.
— On prend cette douche, alors ? a-t-il soufflé.
Sous l'eau tiède, nos corps se sont collés, glissant l'un contre l'autre. Je sentais sa force, son excitation, et mes mains ne pouvaient s'empêcher de parcourir chaque muscle, chaque courbe. Nos bouches ne se quittaient presque plus. Il me savonnait avec une tendresse mêlée de gourmandise, insistant sur mes fesses qu'il caressait sans retenue, me préparant déjà à ce qui allait suivre.
De retour sur le lit, encore humides, nous nous sommes laissés tomber sur le lit. Ses lèvres sont descendues le long de mon cou, de mon torse, puis plus bas encore. Son souffle chaud, sa langue experte, ont rapidement fait monter en moi une vague de plaisir.
Quand il est venu au-dessus de moi, son regard s'est ancré dans le mien.
— Tu es prêt ?
J'ai hoché la tête, sans voix.
Il s'est positionné, lentement, avec une maîtrise sensuelle qui contrastait avec sa jeunesse. La pénétration a été progressive, profonde, puissante. Mon corps l'a accueilli avec un mélange de frisson et de plaisir intense. Ses mouvements étaient rythmés, parfois tendres, parfois plus appuyés, toujours en connexion avec mes réactions.
Je me sentais comblé, envahi, porté par sa force et par la complicité qui nous liait déjà. Chaque va-et-vient me faisait gémir de bonheur, chaque baiser ajoutait une douceur à la puissance de l'acte.
Il a tenu longtemps, variant l'intensité, m'amenant au bord de l'extase avant de ralentir, puis de repartir de plus belle. Et quand enfin il a libéré tout son désir en moi, dans un dernier élan, je me suis laissé emporter à mon tour, submergé de plaisir.
Nous sommes restés un moment enlacés, haletants, encore tremblants. Ses doigts jouaient distraitement avec mon triskel, comme un rappel amusé.
— Je comprends mieux pourquoi tes histoires sont si excitantes, a-t-il murmuré avec un sourire.
Je l'ai embrassé encore, le goût de son souffle mêlé au mien. Je pensais la enfin pouvoir trouver le sommeil sans aucun problème.
Je lui ai dit que je repasserais dans la région en octobre « pour une nouvelle séance » !
