Repéré par mon triskel
Il fait déjà lourd sur Rouen ce matin et le soleil tape fort pour une heure aussi matinale. Je viens de m'arrêter à une station pour faire le plein pas loin du zénith.
Comme souvent, je porte ma chemisette entrouverte et autour de mon cou ma chaîne avec ma médaille triskel, celle que mon parrain m'a offerte avant de fermer les yeux.
Celle qui est également sur ma photo de profil sur Gaymec.
Elle avait glissé par-dessus le tissu comme souvent. Je ne m'en étais même pas rendu compte. C'est très fréquent.
Je remplissais le réservoir, un peu dans mes pensées, quand une voix derrière moi m'a coupé le souffle :
— Victor ?
Je me retourne, surpris et je découvre un gars dans la quarantaine, brun, peau dorée, athlétique, vêtu d'un simple tee-shirt qui moulait parfaitement son torse.
Il me fixe avec un sourire franc, direct, presque amusé. Il m'a repéré grâce à ce foutu triskel.
Je hoche doucement la tête, un peu pris de court.
— Tu as un peu de temps pour prendre un verre chez moi ? J'habite juste à côté…
— Pourquoi pas, je réponds, la voix déjà un peu plus faible.
On termine nos pleins et je le suis jusqu'à chez lui, chacun dans son véhicule. Effectivement, ce n'était pas loin.
Je me gare à quelques mètres de lui et je le suis, le coeur battant.
Ma gorge s'assèche, mais pas à cause de la chaleur. L'excitation monte. Il marche devant moi avec assurance, ses épaules larges,
Arrivé devant une maison de ville il se retourne, m'adresse un clin d'oeil et ouvre la porte.
Je rentre. À peine le seuil franchi, il referme derrière moi et me plaque contre le mur sans un mot.
Sa bouche trouve la mienne. C'est un baiser chaud, direct. Sa langue entre dans ma bouche comme si elle y avait déjà sa place. Il me serre fort, ses mains fermes agrippent mes fesses à travers le tissu.
Il recule juste ce qu'il faut pour me regarder dans les yeux.
— Tu as soif ? Je lis tes récits sur Gaymec. C'est vrai tout ce que tu racontes ?
Je souris, un peu essoufflé.
— Je n'aurais pas assez d'imagination pour inventer tout ça…mais est ce que je peux me laver les mains. Le gasoil c'est pas top …
- suis moi dans la cuisine.
Pendant que j'étais face à l'évier à me laver les mains, il se colle derrière moi en me prenant par la taille et me dit :
— Tu veux que je vérifie ce que tu écris, mais je suis passif aussi ? dit-il avec cette petite voix provocante.
— Pourquoi pas… la sodo n'est pas une obligation à chaque fois !On peut se faire beaucoup de bien sans cela, tu crois pas ?
Je me retourne et m'approche, pose mes mains sur ses hanches en le regardant droit dans les yeux.
— Et si on commençait par une douche ? Suis moi.
Il me prend par la main, m'emmène dans la salle de bain. Là, il commence à déboutonner lentement ma chemisette, ses lèvres venant chercher les miennes entre chaque bouton. Puis il passe derrière moi, fait glisser mon pantalon, embrasse ma nuque, mordille doucement mon épaule.
Je l'aide à se déshabiller à son tour, découvrant un corps puissant, bronzé, légèrement poilu, exactement comme je l'aime. On entre sous la douche, l'eau tiède commence à couler. Il me plaque contre le mur carrelé, ses mains glissent le long de mes hanches. Nos bouches se retrouvent, on se dévore. Je sens déjà son sexe dur contre ma cuisse, et le mien qui répond au quart de tour.
Il descend doucement, ses lèvres parcourant mon torse, mon ventre… puis il se met à genoux et prend ma queue en bouche avec une lenteur délicieuse. Il sait y faire. Je gémis doucement, les yeux fermés, mes doigts s'agrippant à ses cheveux mouillés. Puis, je l'arrête, le relève, l'embrasse à pleine bouche et inverse les rôles.
C'est à mon tour de m'agenouiller. Son sexe est épais, tendu, prêt. Je le lèche, le suce lentement, sentant son bassin se cambrer sous mes caresses. Ses mains se posent sur ma tête, ses soupirs remplissent la douche.
Quand je relève la tête, nos regards se croisent. Il me tourne doucement, mes fesses contre lui. Ses mains viennent les caresser, les ouvrir, sa langue glisse lentement jusqu'à ma raie. Il me lèche là, longuement, profondément, avec une fougue presque animale. Je gémis sans retenue, me cambre, je sens ses doigts qui explorent, précis, sensuels. Il me doigte lentement, joue avec mes sensations, me fait perdre la tête.
Je veux lui rendre la pareille. Je le repousse doucement contre le mur, descends à mon tour, lèche son cul bronzé, ferme et musclé. Il gémit, tremble, se cambre pour m'offrir plus. Je le doigte à mon tour, nos corps ruisselants, nos respirations s'accélérant.
On se redresse, nos sexes collés, nos bouches soudées, on se caresse, on se branle l'un l'autre, un bras autour de l'autre. Nos bassins se heurtent, se frottent, le plaisir monte vite, trop vite.
— Je vais jouir… murmure-t-il.
— Moi aussi… je réponds, la voix brisée.
On jouit presque en même temps, nos gémissements se mêlant sous l'eau, nos corps collés, nos semences qui se mélangent entre nos ventres.
Il reste contre moi, haletant. L'eau continue de couler, tiède, apaisante.
Il me regarde, un sourire complice
On sort de la douche. Il enroule une serviette autour de ma taille, garde la sienne sur ses hanches. On se regarde en souriant, encore un peu surpris de la fluidité de ce moment.
— Un café ?
— Avec plaisir.
Dans sa cuisine, la lumière du matin glisse sur les carreaux. Il prépare deux expressos pendant que je m'appuie contre le plan de travail. Je le regarde bouger. Ce mec dégage quelque chose. À la fois détendu et sûr de lui, sensuel sans surjouer. Le genre de gars qui aime le sexe… et qui l'assume.
Il m'apporte ma tasse, se cale contre moi, sa hanche chaude contre la mienne, et dit, presque nonchalamment :
— Tu sais… je pourrais en parler à un pote à moi. Un actif que je vois de temps en temps… Il est très chaud, très respectueux aussi. Il me parle souvent de fantasmes à trois avec deux passifs. Il est très endurant.
Il sort son téléphone, me montre quelques photos : un mec au regard intense, sourire carnassier. Je sens mon bas-ventre réagir rien qu'en le regardant.
Je lève les yeux vers lui.
— Pourquoi pas… montres-lui les miennes aussi
Il sourit, clairement excité par l'idée.
— Je pense qu'il va adorer. Tu suces et lèches de ouf. On voit ça bientôt ?
Je n'ai pas le temps de répondre. Mon téléphone vibre. J'y jette un coup d'oeil et soupire.
— Merde… j'ai un rendez-vous dans trente minutes. Je dois filer.
Je m'habille à la va-vite, encore un peu humide, le coeur battant.
Juste avant de franchir la porte, il m'attire à lui et me glisse à l'oreille :
— Mon pseudo c'est …… Prépare-toi pour la prochaine fois. Je sens qu'on va bien s'amuser tous les trois…
Je réponds d'un sourire et m'éclipse.
Dehors, l'air est toujours plus chaud, mais c'est en moi que ça brûle.

