Pourquoi le puppyplay a été une libération pour moi
Je suis quelqu'un de plutôt timide, voire introverti… jusqu'à ce que je connaisse vraiment la personne. Là, je peux devenir bien plus exubérant.
Cela fait presque 14 ans que je suis en couple avec mon mari. Pendant longtemps, nous avons été un couple exclusif, avec peut-être un ou deux « extras » dans l'année. Mon mari est de nature très jalouse, alors que je suis plutôt compersif.
Avec le temps, notre vie intime a connu des phases moins intenses, comme cela arrive dans beaucoup de couples. En juillet 2023, mon mari a décidé de redéfinir les règles de notre relation : ouverture oui, mais pas de liberté totale.
Très vite, nous avons découvert le BDSM : nos premiers dominateurs, leurs règles, nos kinks et nos fétiches.
Et le 23 décembre 2023 est né Kirtim.
Moi. Ou plutôt mon moi intérieur. Celui qui peut transgresser les règles. Celui qui n'est pas obligé de parler… et qui ne parlera pas. Celui qui ne peut pas être reconnu facilement. Celui qui accepte beaucoup plus de choses qu'en temps normal.
Depuis, l'influence de Kirtim dans ma vie quotidienne est énorme : grâce à lui, je tiens mes positions et mes décisions professionnelles, je prends confiance en moi et j'assume mes défauts. Ma sexualité est en constante évolution : je suis partagé entre pénétrer ou être pénétré, soumettre ou me soumettre, être sadique ou maso. Je cherche mes limites, mais aussi celles de mes partenaires de jeu.
Nous nous sommes mariés fin du premier semestre 2024.
En m'ouvrant au monde BDSM et au milieu gay en général, j'ai découvert des inégalités, des discriminations, mais aussi de la souffrance. Cela m'a poussé à mieux m'informer, à mieux m'exprimer pour ne pas blesser, et à mieux comprendre ce qui m'entoure.
Parfois, Kirtim prend tellement de place que, dans la vie de tous les jours, un simple papillon peut me détourner de mon objectif… et je n'y repense plus jusqu'à ce qu'on me rappelle à l'ordre. Parfois, je me cogne ou me blesse légèrement (un coin de table, une griffure…) et je laisse échapper un son à mi-chemin entre le couinement surpris, la plainte et le râle. Quand une personne m'agace au travail, on peut percevoir un léger grognement guttural.
Dans la peau de Kirtim, c'est aussi mettre le quotidien sur pause : oublier, jouer à la baballe sans se soucier de rien, faire des bêtises pour faire rire les copains et les copchiens, ou pour faire râler le sexy barman.
Chacun définit son puppy et ses codes. Pour moi, être puppy, c'est adopter le comportement récréatif d'un chiot, avec tout ce que ça implique de liberté, de jeu et d'instinct.
Dans l'intimité et dans sa sexualité, Kirtim est plutôt brat et touche-à-tout.



